Les déclarations de Michel Rocard sont venues jeter un peu plus de confusion dans un débat qui n’en manquait pas. S’il s’agit d’affirmer que Ségolène Royal ne pourra l’emporter qu’à la tête d’un large rassemblement de second tour, c’est enfoncer une porte ouverte. Mais après tout, en politique, la pédagogie consiste aussi à montrer, comme disait l’autre, que les portes sont ouvertes ou fermées. En clair, une frange importante des Français n’est pas prête à accepter la dérive organisée par le candidat de l’UMP et peut se retrouver dans une politique courageuse de réforme économique et sociale. S’il s’agit en revanche de penser que François Bayrou pourrait constituer l’axe autour duquel ce rassemblement pourrait s’opérer l’erreur, alors, est double : tactique puisque ces déclarations surviennent au moment où la priorité, au contraire, doit être donnée à la fixation des votes pour le 1er tour ; politique ensuite, puisqu’un tel rassemblement n’est concevable qu’autour d’un projet, ce dont François Bayrou, chacun l’a bien vu à ses errements dans cette campagne, est totalement dépourvu.
Comment ne pas y voir d’ailleurs aussi une facilité : faute d’être capable de se réformer, le Parti socialiste irait concéder une partie de l’esprit de réforme à un éventuel partenaire centriste, avalisant un nouveau partage des rôles dont Nouvelle Voix a déjà eu l’occasion de dire tout le mal qu’il fallait en penser. Se résigner à une telle option reviendrait à penser que le Parti socialiste serait définitivement incapable de changer.
La victoire pour
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