NOUVELLE VOIX
GROUPE DE REFLEXION DES SOCIALISTES DE L'YONNE
Ces deux questions appellent des réponses claires, parce que trop longtemps différées !
Quelle meilleure opportunité pour le faire que cette campagne présidentielle ? A quel autre moment opérer cette formidable leçon de chose sur les enjeux et l’avenir de notre démocratie ? Quel meilleur moment pour proposer des choix clairs ?
Cette envie de choisir, nos compatriotes la revendiquent d’autant plus que cette faculté leur a été déniée au cours des trois derniers scrutins : en 1988, en n’ayant d’autre alternative qu’une France unie ; en 1995, la fracture sociale brouillant à nouveau les frontières ; en 2002, faute d’un véritable second tour.
Aussi serait-ce un paradoxe que les Français fassent à travers François Bayrou, le choix du … « non choix » ? Pour l’éviter, il faut que Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal s’assument pour ce qu’ils sont l’un par rapport à l’autre, et chacun par rapport à son propre camp.
L’un comme l’autre ont introduit au début de cette campagne une forme de rupture. Nicolas Sarkozy avec les timidités de la droite traditionnelle. Pour la première fois, un candidat dit vraiment ce que la droite pense : au poids jugé excessif des charges, il répond par une baisse spectaculaire de 4 points des prélèvements obligatoires, ce qui revient à ramener notre société dans la moyenne européenne qui socialise moins les dépenses de santé et d’éducation ; aux règlements sociaux sensés décourager l’emploi, il répond par le contrat unique et le licenciement par consentement mutuel ; à l’exception française en matière internationale, il répond par une nouvelle forme d’alignement sur les positions américaines.
Ségolène Royal, elle, a cherché à rompre avec les réticences de la gauche d’hier : résolument tournée vers l’avenir, récusant le pessimisme social, elle propose un compromis gagnant entre l’économie et la solidarité ; elle veut reconstruire la protection sociale en y réintroduisant la responsabilité du citoyens ; combattre l’étouffement de l’Etat par la régionalisation, l’excès de la loi par le dialogue social. Dont acte ! Enfin une gauche de plein pied avec son temps ! Et c’est cette originalité qu’il faut faire vivre dans les prochaines semaines de la campagne. C’est cette volonté de changement, cet air nouveau, qui la fera gagner ; changement par rapport à son camp, changement aussi par rapport à la situation dans laquelle se trouve le pays.
Quant à François Bayrou, laissons retomber la poussière ! L’impasse stratégique dans laquelle il est enfermé et l’impasse programmatique qui caractérise le centre va apparaître à mesure que les projecteurs seront braqués sur lui.
Reste qu’à travers lui les électeurs soulèvent aussi la question d’un renouvellement de notre système politique. Aussi faut-il associer au changement l’appel au rassemblement (plutôt que le vote utile, même si l’effet est le même). Parce que le rassemblement est la condition du changement : comment gagner sans une majorité, traduisant la mobilisation des Français autour des réformes nécessaires et de la volonté qui les porte ? Parce que le changement est la condition du rassemblement. A quoi cela servirait-il de se rassembler s’il ne s’agissait d’apporter des solutions concrètes, efficaces, durables aux problèmes du pays ? Changement, rassemblement : nul doute qu’il s’agisse de la clef du succès !
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